Il est courant de rappeler que Sigmund Freud n’aimait pas beaucoup les américains dont il se méfiait. On cite à cet égard, la réflexion suivante qu’il aurait confié à Jung : "ils ne savent pas que nous leur apportons la peste*" à l’occasion de son séjour aux Etats-Unis.
On ne saurait nier que nulle part ailleurs qu’au pays de Mickey, la psychanalyse n’aura été aussi développée, utilisée - notamment par hollywood - et paradoxalement incomprise.
Dans l’interview qu’il donne cette semaine, à Paris Match, Parker explique, ce que les partisans de l’abolition savent depuis Beccaria et son traité intitulé "Des délits et des peines", que la peine capitale n’est pas dissuasive, au contraire :
"Quant à l’exemplarité de la peine, également invoquée (par les partisans), il a été prouvé que dans les Etats où elle était le plus appliquée, le taux de criminalité était plus fort".
Comme les efforts conjugués du droit et du cinéma sont largement insuffisants, à démontrer le bien-fondé d’une société qui n’aurait pas recours au crime légal pour s’organiser, le psychanalyste est appelé en renfort.
Et c’est Jacques LACAN qui s’y colle sous les traits de l’acteur Kevin Spacey, professeur d’université qui le cite "pour exprimer l’idée que le prix que l’on donne à sa propre vie est proportionnel au prix que l’on donne à la vie d’autrui".
De son vivant, Jacques LACAN avait créé un grand mouvement et fait naître de nombreuses vocations en Amérique du Sud. Vingt ans après sa mort, c’est Hollywood qui donne des signes d’intérêt pour son oeuvre, et s’en empare.
C’est un signe, assurément.
De quoi ?
Aucune idée.
Il faudra interroger les psychanalystes...